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Avec le vieillissement de la population et les traitements médicaux de plus en plus coûteux, les officines de pharmacie sont des commerces qui ne connaissent pas la crise. Si vous souhaitez ouvrir ou reprendre une pharmacie, vous ne pouvez pas vous lancer à l’aventure sans les informations nécessaires car l’achat d’une pharmacie ne se réalise pas de la même manière que n’importe quel autre commerce. Cet article vous détaille tous les éléments que vous devrez connaître avant de franchir le pas. Connaissez-vous les pré-requis indispensables ? Quels investissements devez-vous prévoir ? Et enfin, quelles sont les différentes étapes à réaliser avant de pouvoir servir vos premiers clients ?

 

 

Les pré-requis

 

90 % des pharmacies qui voient le jour sont encore en activité cinq ans plus tard. Ouvrir une officine de pharmacie est donc la quasi certitude d’avoir son commerce actif pendant de nombreuses années. En effet, en raison du nombre de plus en plus important de personnes âgées et des maladies nécessitant des traitements sur le long terme, les pharmacies font partie des commerces indispensables.

 

Mais n’ouvre pas une pharmacie qui veut. Si votre souhait est de tenir une officine, vous allez devoir cocher certains critères indispensables.

 

Avant tout, parlons diplôme. Le métier de pharmacien étant une profession réglementée, vous devez impérativement être titulaire du diplôme d’Etat de Docteur en pharmacie pour acheter ou reprendre une officine (6 ans d’études après le Bac). Vous devrez également vous inscrire auprès de l’Ordre des Pharmaciens et vous devrez vous engager sur l’honneur sur le fait que vous exercerez cette activité avec éthique et déontologie.

 

Une fois votre diplôme en poche, vous devrez exercer dans une pharmacie pendant au moins six mois afin d’acquérir de l’expérience, avant de pouvoir ouvrir votre propre officine. Par ailleurs, sachez qu’en tant que pharmacien, vous ne pourrez pas exercer une autre activité en parallèle.

 

 

 Les conditions d’implantation

 

Faisons un focus sur les conditions d’implantation, car c’est également un aspect très important à prendre en compte puisqu’il est, lui aussi, très réglementé.

 

Il y a deux critères essentiels à prendre en compte avant d’implanter une nouvelle pharmacie : le premier concerne le nombre d’habitants dans la ville d’implantation. En dessous de 2 500 habitants, pas de pharmacie. Le deuxième critère concerne le nombre de pharmacies déjà implantées sur la commune, en fonction du nombre d’habitants. Par exemple, si vous souhaitez créer votre pharmacie dans une ville qui en possède déjà une, cela sera possible s’il y a au moins 7 000 habitants. Pour l’installation d’une troisième officine dans la commune, le nombre de résidents doit être d’au moins 11 000. Renseignez-vous donc bien sur ce critère selon la commune dans laquelle vous désirez vous implanter.

 

Par ailleurs, si vous avez pour projet de vous installer dans une zone de revitalisation rurale (ZRR), sachez que vous pourrez bénéficier de certains avantages, notamment au niveau d’allégement fiscal. Faites appel à une société spécialisée pour en savoir plus.

 

 

Les investissements et les charges

 

Faire l’achat d’une pharmacie demande des investissements parfois conséquents. La plus grosse dépense va bien entendu concerner le local en lui-même. Vous vous en doutez, le prix va énormément varier en fonction entre autres de la taille de l’officine, de son emplacement et de sa clientèle. Toutefois, à titre indicatif, sachez que le prix de vente généralement constaté se situe entre 80% et 120% du chiffre d’affaires annuel de la pharmacie.

 

Une fois que vous êtes propriétaire des murs, peut-être allez-vous avoir envie de repenser l’agencement pour qu’il soit plus moderne ou plus ergonomique. Les comptoirs sont-ils à changer ? Les locaux ont-ils besoin d’être repeints ? Qu’en est-il du sol ? De l’éclairage ? Des armoires qui contiennent les médicaments ?

 

Vous devrez également équiper votre pharmacie : ordinateurs, imprimantes, logiciels, caisses enregistreuses, transition numérique. Envisagez-vous de vous munir d’un robot qui ira récupérer les boîtes automatiquement ? Faites le tour de la question pour avoir une estimation cohérente.

 

Les charges

 

Du côté des charges, voici les différents postes à prendre en compte dans l’évaluation de votre prévisionnel :

 

           le remboursement du local commercial

           les salaires du personnel

           le stock de médicaments et autres marchandises

           les dépenses d’électricité et d’Internet

           l’entretien du local

           l’assurance responsabilité civile et l’assurance sur l’intégralité de votre stock

           les honoraires d’un expert-comptable pour vous accompagner dans vos déclarations

           les différents impôts, CFE, etc.

           la cotisation à l’Ordre des Pharmaciens

           le cas échéant, des supports de publicité pour vous faire connaître si vous avez créé une nouvelle pharmacie ou pour annoncer un changement de propriétaire

Si toutes ces informations vous donnent le tournis, pas de panique. Faites-vous accompagner d’un expert-comptable ou d’entreprises spécialisées dans la création ou le rachat de pharmacie.

 

 

Les étapes

 

La première étape consiste à décider entre la reprise d’une pharmacie déjà existante ou la création d’une nouvelle. Cette décision sera en grande partie conditionnée par le numérus clausus.

 

Vous devrez aussi vous occuper de votre inscription auprès de l’Ordre des Pharmaciens. Cette inscription, tout comme le diplôme de pharmacien, est obligatoire puisqu’il s’agit d’une profession réglementée.

 

Pour terminer, vous devrez vous pencher sur le statut juridique de votre commerce. Voici les différentes possibilités :

 

           L’entreprise individuelle : le patrimoine personnel du pharmacien est confondu avec celui de son officine. Il est donc responsable des éventuelles dettes de sa pharmacie. Avec ce statut juridique, ses revenus sont imposables

           La SNC (Société en Nom Collectif) : vous vous associez avec un autre pharmacien et vous êtes tous les deux responsables de manière solidaire et indéfinie, même pour ce qui concerne les dettes

           La SARL ou l’EURL : cela concerne les pharmacies avec au moins un associé. Ici, la responsabilité de chaque associé se limite à son apport financier

           La SELARL (Société d’Exercice Libéral à Responsabilité Limitée) : l’apport financier de chaque associé est ici aussi pris en compte pour délimiter sa responsabilité

           La SELAS (Société d’Exercice Libéral par Actions Simplifiées) : ce statut juridique est particulièrement adapté aux pharmaciens qui ont l’intention d’étendre leur commerce

Si vous vous sentez perdus avec toutes ces possibilités, prenez contact avec un expert-comptable ou une société spécialisée dans l’accompagnement des créations ou reprises de pharmacies. Ils auront toutes les réponses à vos questions et vous aideront à y voir plus clair.